
Au matin du troisième jour, mon mari et moi nous apprêtons à partir en direction du château de Chenonceau lorsqu’un des pneus de notre voiture tombe à plat, heureusement sur une petite route tranquille, qui nous permet de nous arrêter en douceur et sans trop de dommage sur le bas-côté. Deux jeunes gens qui passaient sur la même route aident mon époux à installer la roue de secours et c’est ainsi équipé, notre carrosse légèrement dépareillé que nous reprenons la route. (On fera réparé la roue le soir dans un garage pas très loin de Blois.)
Nous arrivons au château de Chenonceau en milieu d’après-midi, et là, en ce qui me concerne c’est réellement l’éblouissement complet et absolu. C’est un monument unique en ce qu’il a été construit au dessus du Cher qui est une rivière plutôt lente et calme, par conséquent, la surface de l’eau est rarement troublée et elle reflète avec précision l’architecture du château. Cette vision est tout simplement magique ! Les propriétaires qui ont marqué son histoire ont la particularité d’être des femmes, il est donc couramment appelé « le château des dames ». Bâti au début du XVIe siècle par Katerine Briçonnet, il fut embelli successivement par Diane de Poitier et Catherine de Medicis, elle-même, puis sauvé lors de la révolution par Madame Dupin. J’avoue ne pas être insensible à l’histoire très féminine de ce monument.
La visite guidée débute par le vestibule sorte de long couloir de pierres blanches, très lumineuses, puis par la salle des gardes, etc. Il est dommage que l’intérieur du château ne soit pas davantage meublé. Du coup je dois avouer l’avoir passé un peu rapidement, pour retourner très vite dans les jardins et le parc qui à mon sens sont bien plus remarquables. On y découvre les jardins de Diane de Poitier et de Catherine de Médicis. Il est très spectaculaire de se dire que l’on se promène dans un lieu qui est exactement le même que celui de l’époque, et que des personnages historiques comme Catherine de Médicis ont marqué de leurs pas ces allées où je déambule moi-même. Donc les jardins sont composés de magnifiques parterres organisés à la française. Les haies semblent toujours taillés au millimètre près c’est un véritable travail d’orfèvre même si je dois avouer préférer par-dessus tous les jardins à l’anglaise, et leur fameux « point de vue ». On y trouve également un labyrinthe en if de plus d’un hectare. A l’époque de Catherine de Médecis il s’agissait d’une véritable mode, le but de ce jeu (bien souvent, galant il faut le dire !) étant de retrouver une gloriette surélevée au centre.
A cause de notre panne de voiture du matin, notre visite de Chenonceau a été quelques peu écourtée. Nous rentrons le soir dans un hôtel tout près de Tour, pour un repos bien mérité après une journée agitée.
Le lendemain nous avions prévu de visiter le château d’Amboise, mais voilà qu’il se met à pleuvoir des cordes dès le matin. Nous hésitons à sortir par ce temps, finalement entre deux nuages, nous rejoignons notre fier destrier ! Une journée entière ne sera pas de trop pour voir ce château très royal !
Le beau temps fini par arriver, nous choisissons comme toujours une visite guidée qui nous permet d’en apprendre un maximum sur l’endroit. Nous cheminons pièce par pièce. Le château royal d’Amboise est tellement grand et monumental, que je fini par être étourdie et ne plus savoir où poser les yeux. Peut-être est-ce aussi le fait d’avoir vu énormément de châteaux en si peu de jour. J’ai peut-être un peu perdu de la vision première, que j’avais eu le premier jour en découvrant Chambord !
Finalement la visite est plus courte que prévue, nous sommes fatigué nous décidons de retourner sur Tour pour prendre l’apéritif sur la place Plum’. J’ai fait une partie de mes études à Tours dans ma jeunesse, aussi c’est toujours un réel plaisir de retrouver son centre historique ! Adieu les châteaux, nous retournons dans les rues du peuple… Le temps d’une soirée du moins !