When life was a miracle...

Les lieux où je suis allé.

Billet publié dans la catégorie
10
29
janvier
2007
Alerte liée à ce billet
Premier voyage à Belgrade
La première chose à laquelle on pense lorsque l’on évoque la Serbie et les Balkans c’est bien sûr la guerre. Je comprends que cette idée puise rebuter, notamment les amateurs monomaniaques de rivages paradisiaques ou de complexes touristiques équipés d’une demi-douzaines de piscines à débordement. Se rendre à Belgrade c’est une démarche particulièrement, qui n’a rien à voir avec un séjour à Bora-Bora. Ce sont des oeuvres romanesques commes les premiers films d’Emir Kusturica, ou la manière que Patrick Besson avait d’écrire sur cette ville dans ses articles de l’hebdomadaire Le Point, qui m’ont séduit… doucement.

Doucement, l’idée a fait son chemin, et le karma des balkans m’a séduit. C’est l’idée d’une fêtes, pas celle des clubs, une fête virile, d’amitiés masculines, d’ibriété excessive, d’une fête où l’on parle fort et sans politesse. L’idée d’une telle fête qui continuerait… même sous les bombes. On dort dans la Mercedes pour se rendre à l’anniversaire du cousin, des gens n’arrivent pas, à cause de la guerre, mais la fête n’en est que plus chaleureuse, plus énergique, plus violente aussi. Belgrade, en moi, raisonnait comme une sorte de chant du cygne, le dernier éclat avant fermeture du magasin, un coup de tonerre puissant et furtif comme le tir d’une balle.

Alors je m’y suis rendu, il  y a quelques années maintenant. Et évidemment le pays n’était plus en guerre, sa reconstruction était encore balbutiante. Une sensation de cuite et de lendemain de fête, saturday night, Sunday morning.

J’avais réservé un hôtel dans un Best Western de Belgrade, je venais en visiteur, une sorte de pionnier du tourisme serbe. C’est comme ça que je ressentais les choses en tout cas. L’impression d’évoluer dans l’histoire, partout les marques de balles dans les façades, les immeubles défoncés. Belgrade la ville sept fois millénaires, c’est un cliché que de pleurer sur tout ce qui a pu à être détruit durant ces conflits. Les rues sont à la fois très occidentales et latines (certaines rues pourraient être des ruelles de Toscane !) et inspirées de l’architecture russe et soviétique à d’autres endroits, grands blocs, perspectives et géométrie. Une ville aux confluences de plusieurs cultures, mais à l’identité profonde. Non loins coule un fleuve qui inspira Strauss : le Danube. Tous les fleuves se ressemblent plus ou moins et pourtant il est des fleuves que l’on considère différement comme le Nil et ses eaux qui s’écoulent depuis le coeur et le ventre de l’Afrique. Lors de ma première semaine à Belgrade, je ne me suis bien sûr pas retrouver dans une séquence de fête à la Kusturica, mais je me suis laissé aller d'autant qu'il neigeait, j’ai laissé l’air (froid) de Belgrade imprégner mes cellules et ma peau, jusqu’à la posséder. C’est à peu près à ce moment là que j’ai décidé d’y consacré mes recherches. L’actualité s’y prêtait, le sujet était à la mode, ça tombait bien…


Tags liés à ce billet :
Commentaires pour ce billet

 

Ma galerie
blacky
Domicile:
France, Versailles

Age: 34 ans

Styles: Cultivé

Dernière connexion le :
23 avr 2007 à 16:26

Membre depuis le :
10 jan 2007
image habillage du site
Fermer