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matthieurabusseau

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Modifié le 10 mai 2010


 
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Son voyage : Voyage au coeur des terres Aborigène

Introduction

Récit qui vous amènera au coeur de mon voyage en terre Aborigène en Australie.
De cette histoire est née une magnifique rencontre avec François et Yoann et une superbe exposition photographie autours de l'Australie.
lire la suite....

Rencontre avec un livre

Bodeidei, la Source
Introduction
Je viens de terminer le livre "En Terre Aborigène" de François Giner, allongé sur mon lit, le soleil vient de se coucher derrière la vitre sale et recouverte de toiles d'araignées. En un bond, je me retrouve debout, j'allume mon ordinateur.
Je veux en savoir plus sur ce François Giner et de ses aventures au coeur des terres de Arhnem Land dans les territoires Australien.
Son livre vous amène avec lui pendant plus de 20 ans de sa vie, 20 années d'aventures, de rencontres, d'errance et d'espoir autour de notre belle planète, la Terre. Jusqu'au jour où il atterrit sur cette île continent, l'Australie.
Pourquoi est-il là ? et qui est-il vraiment ? c'est ce que je veux savoir.
Je tente le tout pour le tout, je lui envoie un email via son site internet.
Bonjour,
Je m'appelle Matthieu Rabuseau, je suis réalisateur vidéo et photographe vivant en Australie depuis 2 ans.
Je viens de terminer votre livre, je suis triste d'avoir perdu mes amis qui me faisaient voyager lors de mes soirées de lecture. J'aimerais les retrouver, mais cette fois-ci pour de vrai.
J'aimerais pouvoir venir dans votre camp "Bodeidei" afin de réaliser un reportage photo sur votre activité et votre association "Ngalabon Murrango".
En échange de votre accueil, j'aimerais pouvoir vous aider au camp en tant que volontaire pour la durée de mon séjour.
Merci et à bientôt..."
J'étais tout excité d'avoir envoyé mon email, je commençais à m' imaginer, comme dans le livre de François, à découvrir des terres où il y a encore 170 ans,il n'y avait que des aborigènes qui ne vivaient que de leur pêche et de leur cueillette, où l'homme blanc, n'avait jamais mis les pieds.
J'éteins mon ordinateur, je m'allonge en reprenant le livre de François, je relis certains passages et me laisse emporter au coeur des terres aborigènes.

L'aventure en tête

Qui ne tente rien, n'a rien...
L’aventure en tête
Le chant des Bower birds me réveille en cette fraîche matinée dans la ville capitale de L'Australie. C'est là, à Canberra que je vis avec mon amie et mon fils.
Le livre de François Giner est toujours sur mon lit. Comme beaucoup d'enfants, j'ai fixé une image du livre tout en m'endormant, en espérant être appelé par le personnage pour que nous puissions tous deux visiter cette beauté qu'est le territoire du Nord Australien.
Je suis encore tout excité d'avoir envoyé cet email à François hier soir. Je me lève , en passant par mon bureau je récupère un stylo et une feuille, je passe par la cuisine pour préparer mon café matinal. Et c'est sur le balcon que je me pose.
Quelles questions vais-je lui poser, s’il accepte cette rencontre ? J'ai lu son livre et je sais déjà beaucoup de choses. Mais J'aimerais surtout savoir qui est vraiment François Giner , comment il vit au contact des aborigènes ? Qui sont ces jeunes qui viennent l'aider en tant que volontaires pour le fonctionnement de son camp ?
Qu'est ce que François fait au quotidien avec son association, pour aider les aborigènes de la communauté de Weemol ?
Tout en réfléchissant, je bois mon café parfumé à la vanille. Et c'est un Magpie qui me sort du rêve dans lequel l'odeur de la vanille m'avait emporté. Il vient tous les jours de l'année, il se pose sur le rebord du pot de notre géranium, bien fleuri en cette période. Il me regarde et me parle. Je lui réponds en Français, il doit se demander ce que je lui raconte, car souvent je l'entends communiquer avec mon voisin du dessus, qui lui parle en Anglais. Les oiseaux en Australie sont magnifiques. Le cri du Sulphur-crested cockatoo est l'un des sons les plus reconnaissables sur tout le continent Australien. Il crie comme un corbeau, mais le son en plus aigu, plus fort. Il traverse les murs de l'appartement et se fait entendre à des 100 de mètres aux alentours. À l'opposé de cet oiseau imposant et bruyant, nous avons le privilège de recevoir sur notre balcon de splendides et minuscules Fairy-wren. Le mâle est tout bleu, le son ressemble à celui de nos moineaux en France. C'est toujours un régal de les admirer.
Revenons à mon aventure. Je retourne à mon bureau, j'allume mon ordinateur et j'ouvre Entourage pour voir si François Giner m'a répondu...
Je suis tout tremblant, j’appuie sur Envoyer-Recevoir, la barre de progression m’indique que quatre emails sont en cours d’acheminement.
Je ne vois pas le nom de François Giner apparaître mes yeux recherchent verticalement les adresses emails. Le dernier email apparaît avec comme adresse Bodeidei Camp.
Je m’assieds et clique sur la ligne du message.
Bonjour Matthieu, merci de ton mail..
J’ai bien compris ta démarche et je te remercie de tes services... Je suis ok pour un reportage sur le bodeidei et aussi sur la relation avec mes amis Aborigènes...Je veux que tu saches que toutes photos ou films prises ici appartiennent à bodeidei, ne peuvent être utilisées que dans le contexte du camp, et ne peuvent être déposées en agence pour être vendues...
A ce moment je ne vois pas d’objection pour que tu viennes passer un peu de temps avec nous en août 3 semaines disons du 3 août au 21 août, tiens moi au courant de ta décision.
Cordialement
François
Je saute de joie, il a dit OUI, je vais pouvoir écrire mon premier sujet et réaliser mon premier reportage photographique.
Après m’être calmé, je lui réponds positivement et que j’allais lui donner ma date d’arrivée à Katherine.
Imaginez, j’habite à Canberra qui est la capitale de l’Australie et je dois me rendre à Katherine dans les territoires du nord Australien.
Trois possibilités pour m’y rendre. La voiture, l’avion ou le train.
La voiture, c’est 3618 km, environ 5 jours de route si la voiture tient le coup. Si je ne percute pas 25 kangourous, 3 vaches…
L’avion, il faut que j’aille jusqu’à Darwin et ensuite que je prenne le bus jusqu’à Katherine. C’est le moyen le plus rapide.
Il reste le train. Il faudrait que je me rende à Adélaïde en avion pour y prendre le fameux et légendaire the Ghan.
Je me mets à plancher sur les différentes possibilités de m’y rendre, mais le train m’attire, l’idée de traverser le continent Australien du Nord au Sud m’excite encore plus. Je me rends sur le site internet du Ghan, là je trouve un prix défiant toute concurrence pour parcourir plus de 3600 km.

Les préparatifs

choisir sa voie...
C’est décidé, je vais prendre le Ghan pour me rendre à Katherine. Je vais au plus vite sur le site de Virgin-blue pour trouver un vol entre Canberra et Adélaïde. Les vols restent très raisonnables, pour $120 j’ai pu trouver un aller-retour.
Je ne tiens plus en place, je sens déjà l’odeur du bush transportéee par les vents et voyageant de colline en colline, d’arbre en arbre à travers le continent Australien.
Je réserve l’ensemble des billets de transports.
Il faut compter, selon la saison environ $600 aller-retour avion et train combinés.
Si vous voyagez directement de Sydney à Darwin et que vous prenez le bus (Greyhound) pour ensuite vous rendre sur Katherine le prix est à quelques dollars près le même. Mais le trajet se fait en une journée.
Je vais mettre 3 jours pour me rendre sur Katherine. 3 jours de découvertes, 3 jours de préparation et 3 jours pour relire le livre de François.
Justement, je parle du livre ‘ En Terre Aborigène’ de François Giner, mais quel est donc se livre et son auteur ?
Avant tout, je conseille à toutes les personnes désireuses de venir en Australie en vacances, de lire le livre ‘En Terre Aborigène’ de François Giner, il vous aidera à comprendre pourquoi les aborigènes en sont où ils en sont en 2010 et vous permettra de plonger, loin de tous les clichés touristiques de l’Australie, au cœur de la vie de ce magnifique peuple.
Je vous encourage également à venir vivre une expérience au camp de François Giner. Cela fait plus de 2 ans que je vis en Australie, jamais je n’ai pu approcher d’aussi près la culture et la vie de la d’une communauté Aborigène. Attention, ils vivent comme nous, ils ont des habits comme nous, mais toute la différence est dans la connaissance profonde qu’ils ont de la nature, leur gentillesse et une façon de penser et de vivre tout à fait différente. Dans ce camp, il n’y a pas de folklore, vous êtes comme chez vous. Grâce à François et Yoann, les contacts se font très rapidement avec la communauté aborigène. Et c’est là que tout commence…

Avis aux voyageurs

C'est vous qui faites le choix...
Avis aux voyageurs
Avant de continuer mon récit de voyage je fais une petite parenthèse sur les personnes désireuses de venir visiter ce magnifique continent qu’est l’Australie.
Je pense qu’il est important de bien préparer son voyage en Australie. D’une part car le continent est immense et les distances entre les différents sites intéressants sont énormes. Et d’autre part, cela vous permettra d’aller à l’essentiel et lors de vos visites et rencontres, vous pourrez poser des questions qui vous permettront d’en apprendre plus.
Il ne faut pas hésiter à sortir des sentiers battus, il ne faut pas hésiter à demander à votre guide de modifier son parcours pour vous faire découvrir des choses qui pour lui sont magnifiques et le touchent. Certains guides seront heureux de partager avec vous, un de leur endroits préférés du bush.
Si vous voyagez sans guide, là aussi n’hésitez pas à éviter des coins touristiques pour découvrir des endroits et personnages qui vivent loin de tout ce brouhaha. Je suis persuadé que vous en ressortirez heureux et riches en expériences.
Visitez un très bon site internet www.australia-australie.com qui est à lui seul est la source et la référence en ce qui concerne la découverte de l’Australie. Si vous prenez le temps de surfer, vous y trouverez sûrement de belles aventures pour organiser votre voyage.
Pour venir en Australie, il faut être un amoureux de la nature et de la découverte. Si vous aimez la ville, cela ne sert à rien de venir en Australie, car vous trouverez des villes aussi charmantes en Europe avec de la meilleure nourriture et parfois avec la mer…
L’Australie est un pays où vous pouvez encore espérer vous perdre, un pays où vous pouvez encore espérer vivre une vraie aventure humaine et personnelle. Mais là encore il faut savoir éviter certains grands sites touristiques où l’on vous vendra de la fausse découverte.
Je ne conseillerai aucun site en particulier car chaque personne est différente et chacun interagit différemment à une aventure ou la découverte d’un site. Il faut juste savoir pourquoi nous avons envie de faire un tel voyage et ce que l’on vient y chercher.

Le départ

Enfin...
Le Départ
29 Juillet 2009
Réveil à 4 heures du matin en ce mercredi 29 Juillet 2009. Mon esprit est hanté par les futurs jours et semaines qui s’offrent à moi. Je vais traverser l’Australie par les airs, le rail et la route. Plus de 4000 km pour rencontrer une personne et ses amis que j’ai découvert à travers un livre. 4000 km pour faire leur connaissance, pour regarder, écouter et témoigner.
Mon vol décolle de l’aéroport de Canberra à 6h30, Vol DJ252 de Virgin Blue. Deux bons de kangourou. Première escale à Melbourne pour enfin arriver à Adélaïde. Comme d’habitude je reste sans voix en laissant plonger mon regard dans ces montagnes de nuages, où les vents, la pluie façonnent de drôles de nuages. Les vols au-dessus de l’Australie sont magnifiques. Le ciel y est turquoise, la terre y est rouge ocre où des veines de mille bleus viennent dessiner le cours des rivières.
L’avion se laisse porter par les vents souvent violents qui vous offrent toujours un petit frisson avant l’atterrissage.
Mon Bagage récupéré à l’aéroport d’Adélaïde, j’attrape le premier bus direction Parklands Terminal. Non ce n’est pas un park d’attraction mais le point de départ du majestueux et historique train, the Ghan.
Rien d’historique ou de majestueux à l’approche de la gare et cela va se confirmer en entrant à l’intérieur. Moderne et sans charme avec ses guichets de réservations, sa boutique de souvenirs et l’incontournable café snack où je vais pouvoir me poser. Quelques photographies et objets retracent l’épopée humaine qui a permis la construction de la ligne de chemin de fer qui traverse l’Australie du Sud au Nord.
C’est en 1877 qu’a été décidé de relier l’Australie du Sud à l’Australie du Nord par rails. 127 années pour réaliser 3006 km de voies ferrées. Oui, il a fallu beaucoup de temps. Vous comprendrez la philosophie et la logique Australienne quand vous y serez ! Beaucoup d’erreurs et d’incompétences ont accompagné la construction. La construction en zone inondable, les virages trop serrés et les descentes trop abruptes rendent le Ghan très lent. À Cela s’ajoute l’incompréhensible changement d’écartement des voies sur le même tronçon. Souvent le Ghan restait bloqué plus d’une semaine au cœur du désert Australien obligeant des avions à venir le ravitailler en nourriture. C’était la belle aventure !!!
Mais aujourd’hui cela est bien terminé, tous les rails ont été enlevés, vous trouvez encore des traces de l’ancienne ligne en vous promenant non loin des routes qui traverse le continent. Le gouvernement a fait construire une nouvelle ligne dans des zones non inondables avec le même écartement de rail entre Adélaïde et Darwin. La vitesse de 110km heure peut être atteinte, avec du vent dans le dos, bien sûr. Plus d’infos pour voyager avec le Ghan : www.theghan.com
Assis au café-snack, je me commande un Long black coffee. Si vous aimez le café, vous ne serrez pas déçus, il est très bon en Australie. N’oubliez pas qu’en Australie ils boivent le café avec du lait, ce qu’ils appellent Latté, donc si vous voulez un café noir, demandez bien un Black coffee.
J’observe les personnes qui, comme moi, attendent le départ du train.
90 % d’entre elles sont des personnes âgées. Elles viennent pour la plupart réaliser le grand voyage, elles viennent prendre le temps de découvrir ce qu’elles n’ont jamais pu voir en une vie de travail. 3 jours dans un train vous laisse le temps de regarder et de profiter. Ils sont en couple ou entre amis. Ils voyagent dans la classe Gold ou Platinium où vous y avez un vrai lit, un salon et plusieurs restaurants gastronomiques qui rendent le voyage léger et rêveur.
Pour les autres voyageurs comme moi se sera le Red sitter, c’est à dire un siège qui se rabat légèrement pour la nuit. Pas de restaurant, juste un snack et une douche pour tout le wagon.
Une voie électronique annonçant le départ du Ghan me sort de mes observations. Il est 12h30, je me lève et me rends avec mon petit sac sur le quai. La mise en scène est digne de la série ‘La croisière s’amuse’. Le chef d’équipe et tout l’équipage est aligné sur le quai. Un micro à la main, le chef du wagon se présente et présente l’équipage qui va nous accompagner durant ces trois jours. Le discours est entrecoupé des applaudissements des voyageurs. Le mot de la fin ‘ Go on the train’ est clôturé avec le sifflet de l’ouverture des portes.
Les passagers s’engouffrent le sourire aux lèvres dans le Ghan. Enfin je vais pouvoir en franchir les portes. Comme un cavalier, je monte dans le wagon des RED SEATERS. Mes yeux scrutent de gauche à droite, tous mes sens sont en éveil. Le sol est en lino noir avec des petits ronds anti-dérapants, les murs et le plafond couleur vert d’eau et les sièges bien rouges. Nous sommes très loin des trains très modernes de France et très loin des trains des westerns. Pas de bois, pas de dorure, et pas de cow-boy assit à côté de moi. Tout le monde s’installe, les gens sont très accueillants et viennent facilement discuter avec vous. L’Australie a un de ces avantages, sa population est très ouverte et toujours prête à donner un coup de main. Les gens disent facilement bonjour en vous rencontrant dans les villes de l’outback. L’Australien n’hésite pas à vous aider si vous avez un problème sur la route et il sera heureux de vous inviter autours d’un bon barbecue. Mais ça en restera là.
Je teste mon siège, il est très confortable et laisse assez de place pour les grandes jambes. J’ai de la chance, personne à côté de moi : je vais pouvoir m’étaler.
Le chef de bord nous annonce le départ imminent du train et nous rappelle les règles de vie au cœur du train. La cigarette et l’alcool sont strictement interdits. Vous pouvez boire de l’alcool au snack bar.
Les portes se ferment, le crissement des roues métalliques laisse entendre le cloc-cloc du roulement du train. En chiffre c’est 156 places assises et 196 places en Gold et Platinium. 26 membres d’équipage et 2 conducteurs.
Le Ghan atteint 700 mètres de long avec ses 28 wagons et peut rouler à une vitesse de 110 km par heure. Le chef de bord m’a dit que le Ghan avait déjà mesuré 1,6km quand l’ensemble des rames sont doublées.

Le Cloc-cloc des roues du Ghan…

Sur les rails

Les paysages défilent devant mes yeux. Après 1 heure de voyage, certains voyageurs dorment déjà, d’autres lisent ou rêvassent. Les rires, les éternuements se mélangent à la musique d’ambiance diffusée dans le wagon. N’oubliez pas d’apporter un bon coussin, il sera votre ami de douceur.
Les couleurs sont incroyables, le rouge ocre des routes du bush est effacé par les immenses champ de blé qui tapissent les sols du continent Australien. Les terres sont arides, l’Australie manque d’eau, mais le blé est l’agriculture la plus commune de l’Australie. Que vous soyez à L’est, dans le sud, au centre ou à L’ouest, le blé est là. Une erreur monumentale qui amène petit à petit le pays à l’agonie. Beaucoup d’agriculteurs endettés ne peuvent plus travailler par manque d’eau. Les rivières s’assèchent, les nappes phréatiques se vident de l’eau pure et se remplissent d’eau salée. Une catastrophe écologique d’une ampleur nationale frappe l’Australie du 21 ème siècle.
Environ 380 000 personnes travaillent dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage en Australie.
Avant l’arrivée des blancs, les aborigènes ne cultivaient pas et n’avaient pas d’élevages. Ils ne se nourrissaient que des produits de la chasse et de la cueillette.
C’est l’industrie du coton avec la création d’élevage de moutons que commença à fracturer le fragile équilibre écologique du continent Australien. L’élevage de bovin et l’agriculture intensive sont venus achever cet équilibre et mettre en péril l’écologie et l’écosystème d’aujourd’hui.
Au détriment de tous, l’Australie se nargue d’être le plus grand importateur de produits agricoles.
Des forêts meurent car elles ne puisent plus d’eau pure dans les sols, mais de l’eau salée. L’Australie est un pays immense où l’inégalité pluviométrique sur le territoire offre plus de chance à certains états. Mais rien n’est fait pour économiser l’eau et surtout pour la collecter à l’échelle nationale.
J’habite à Canberra, la capitale de l’Australie, C’est une ville verte où les espaces verts sont encore plus nombreux que les espaces d’habitations. Mais là, très rares sont les maisons ou bâtiments publiques qui récupèrent l’eau de la pluie pour les besoins les plus basiques.
Les villes ne collectent pas l’eau des pluies, alors qu’elles en sont les plus demandeuses. Pourtant il pleut beaucoup en Australie, si chaque maison avait ses propres réserves d’eau, quelques orages permettraient de remplir les réserves pour subvenir aux besoins essentiels des toilettes, de la douche, de la machine à laver et même de l’eau à boire.
Toutes les maisons isolées du bush ne vivent que sur leurs propres réserves d’eau et ne peuvent compter que sur leur gestion individuelle. Je vous conseil la lecture du livre ‘Effondrement’ de Jared Diamond, qui à la page 591 parle avec technicité et réalisme de l’économie, l’écologie et le productivisme Australien. Si vous aviez dans ambitions de venir vous installer en Australie, il vous ramènera à la réalité.
Je vais clore le chapitre ici et continuer le récit…..
Retours dans le wagon Red-Sitter du Ghan, direction Katherine.

Jeudi 30 Juillet 2009

Première nuit.

La nuit dans le wagon du Red-seater n’est pas des plus confortables. Ce matin, j’ai mal au dos, les mauvaises positions, les retournements sur moi-même ont pris le dessus sur mon envie de dormir. Ce n’est pas grave, j’ai pu profiter d’un magnifique lever de soleil qui sort la plupart des voyageurs de leurs rêves. La douche est située à l’entrée du wagon, elle me sortira de ma torpeur de la nuit et me soulagera de son jet d’eau chaude.
Il est 7h30, c’est l’heure ou le bar-snack ouvre ses portes. Je suis content, je vais pouvoir aller boire mon café du matin, que j’attends depuis hier soir. Et quelle joie de le boire assis dans un wagon du Ghan.
Le wagon bar snack est très sobre, les tables sont en formica vert d’eau, les sièges sont rouges recouvert d’un cuir bien solide. On croirait s’asseoir sur des ressorts tellement les sièges sont épais.
Le bar, où le steward vend de tout sauf de la nourriture équilibrée et de bonne qualité, est en inox, avec à côté, une vitrine où sont réchauffés les fameux pies australiens…. N’oubliez pas d’apporter des fruits avec vous, des bons petits gâteaux et de l’eau.
La nuit a apporté ses changements en dehors du train. Nous avons fait plus de 700 km, le paysage a totalement changé. Nous ne sommes plus dans les champs verts du Victoria, mais nous roulons au cœur des terres rouges du centre de l’Australie.
La terre est rouge ocre, les herbes et spiniflex de couleur jaunes déroulent un tapis doré sur lequel les arbustes du désert dessinent des points verts. C’est magique, mais tellement réel.
Le bruit du train fait fuir les animaux sur son passage, mais ils sont bien là. En témoignent les multitudes traces laissées quotidiennement par les animaux du bush.
L’Australie compte de nombreuses espèces d’animaux vivants à l’état sauvage. Les kangourous, les chevaux, les chameaux, les dromadaires, les chèvres, les vaches, les chiens sauvages appelés Dingo, les lapins, les chats, les émeus… ce n’est qu’une partie infime des animaux que vous aurez la chance de rencontrer si vous venez découvrir ce magnifique continent.
Mon café de la main droite et mon muffin de l’autre, je regarde les paysages. Et oui ce matin j’ai craqué, pour un muffin, sachant très bien qu’il allait être infâme, j’en ai tout de même acheté un et je le confirme : il était immangeable….
Le long des voies ferrées, d’énormes trous ont été construits pour protéger les rails des fameux flash flood qui chaque année tuent et emportent tout sur leurs passages. L’Australie est un pays plat, avec de nombreux engorgements créés par l’érosion durant des milliers d’années. Les terres sont très sèches et le sol dur comme de la pierre. Dès qu’il se met à pleuvoir, l’eau ne rentre pas dans le sol, mais reste en surface et s’accumule pour créer au début un ruissellement, ensuite un petit cours d’eau, jusqu’à de violents torrents qui se créent au gré de l’eau et souvent en dehors du lit des rivières. Vous pouvez à certains endroits ne pas avoir d’eau, ni de pluie et voir en quelques secondes arriver sur vous un torrent de boue et d’eau déchaîné. Donc quand vous voyez un panneau attention Flash flood, ne camper surtout pas là !
J’entends le son annonçant qu’une information va nous être donné par le coach. Depuis que nous sommes partis d’Adélaïde, lui et le conducteur n’hésitent pas à attraper le micro en nous contant certaines histoires en relation avec le Ghan et nous disent de regarder soit à gauche soit à droite pour tel ou tel monument. Le conducteur va même jusqu’à arrêter le train pour que nous puissions prendre une photo... par la fenêtre, bien sûr. C’est aussi ça le charme de l’Australie.
Ah, si la sncf française pouvait nous conter des histoires sur leur passé héroïque, il ne tiendrait qu’en un mot : Grève !!! Et souvent quand le train s’arrête c’est par faute de… grève !!!
Il est 13h27, nous arrivons à Alice Springs, c’est la seule grande ville se trouvant au centre de l’Australie. C’est une étape indispensable lors de votre venue en Australie. Elle est le point de départ de nombreux sites se trouvant au centre, tel que Uluru, Kings canyon, Larapinta track et beaucoup d’autres sites et rencontres en relations au peuple aborigène vivant sur ces terres depuis plusieurs milliers d’années.
Le train va y faire un arrêt de 4 heures.
Alice Springs c’est 22 300 habitants, les aborigènes représentent environ 22% de la population de la ville. Vous y découvrirez beaucoup de galeries d’art aborigènes, tenues par des non-aborigènes.
Chacun fait le choix d’acheter leurs souvenirs ou pièces d’art où ils veulent, mais je vous conseille d’acheter directement aux aborigènes. Sachez que vous ne trouverez jamais une peinture aborigène vous racontant une histoire en relation avec une famille, une tribu, un rituel ou un endroit secret. Ceux qui disent vous vendre des tableaux avec une histoire d’une tribu ou d’un rite sont des menteurs ou des arnaqueurs. Sachez que les aborigènes de part certaines lois ancestrales, ne peuvent dévoiler leurs secrets. La punition serait tellement insupportable qu’il préfèreraient se donner la mort, car elle leur serait plus douce.
Alors réfléchissez bien et renseignez vous avant de donner beaucoup d’argent à une galerie qui vous vendra des points colorés sur un tissu… C’est identique pour les didgeridoos, achetez les directement à un aborigène qui les fait lui-même.
En achetant que de cette manière, vous accorderez votre confiance à la personne qui travaille ces objets d’art et lui donnerez la possibilité de continuer à travailler son art et à perpétuer des gestes ancestraux sans intermédiaire étranger.
Combien d’artistes Aborigènes se font volés des oeuvres pour quelques dollars et bouteilles d’alcools, alors que la plupart des peintures sont revendues ensuite des milliers de dollars dans les galeries.
Pour le touriste qui débarque tout juste d’Europe, certaines visions d’Alice Springs peuvent paraître brutales en voyant les aborigènes saouls dans la plupart des rues.
Avant que je continue, sachez que les Aborigènes ne sont pas comme ça, c’est notre civilisation qui les a rendus comme ça, c’est notre civilisation que les a déracinés. C’est pour cela qu’il est très important lors de la préparation de votre voyage de choisir un tour où vous aurez l’occasion de vivre avec les aborigènes qui vivent sur leurs terres et non en ville. Visitez ce site : www.bodeideicamp.fr
Il faut se dire que c’est comme nos clochards en France. Et vous remarquez en voyageant en Australie que les aborigènes ne sont pas ceux qui boivent le plus… et que l’alcoolisme chez les Australiens blancs est devenu un problème de santé nationale, tout comme l’obésité.
Il faut relativiser et se renseigner sur qui sont les aborigènes et là vous découvrirez que c’est un peuple au savoir bien plus avancé que le nôtre.
Je vais faire quelques courses au magasin. Des fruits, des gâteaux et de l’eau. J’en profite pour me perdre dans Alice Springs. Il n’y a pas d’immeuble, les rues y sont larges avec de nombreux espaces verts. Sous chaque arbre et coin d’ombre, on trouve des personnes assises ou allongées. Je passe devant l’école maternelle, le constat est alarmant, je ne compte même pas 1/4 d’enfant aborigène.
Les rues sont assez sales, la chaleur n’aide pas à dissiper les odeurs des poubelles qui jonchent certains trottoirs. Les bouteilles de bière, de vin, les papiers de bonbons, de paquets de cigarettes montrent à quel point une certaine partie de la population australienne n’a aucun respect pour l’environnement et pour son prochain.
Si un jour vous traversez l’Australie d’Est en Ouest, vous pourrez découvrir un certain visage de l’Australie . Le bord des routes est le cimetière de millions de bouteilles. Les routiers jettent leurs bouteilles remplies d’urine. Dans de nombreuses grandes villes, certains quartiers ont le triste visage d’une poubelle ouverte.
Mais l’Australie est loin d’être une poubelle, dans son ensemble c’est un pays très propre. Cependant, la mentalité Australienne n’est pas à l’écologie et au respect de l’environnement qui l’entoure.
C’est comme dans nombreux pays sur notre planète, vous avez la moitié de la population qui combat au quotidien pour vivre dans un environnement propre et sain alors que l’autre moitié abuse, outrepasse, défigure et pollue. L’australien est le plus grand consommateur d’eau par habitant. Alors que le pays meurt de soif.
Sur tout le continent australien des systèmes d’alertes ont été mis en place pour réglementer l’utilisation de l’eau auprès des habitants et collectivités. Il existe 5 niveaux d’alerte. Le niveau 5 signifie que l’eau commence à manquer et qu’il faut se renseigner sur les restrictions en place auprès des autorités. Le niveau 1 est le niveau d’alerte maximum, l’arrosage est possible que certains jours de la semaine à certaines heures. Sinon c’est l’amende avec un minimum de $345 … attention en Australie votre voisin est votre ami pour le barbecue , mais après ça, il sera le premier à vous dénoncer… lien à visiter ; www.savewater.com.au
Je vous invite là encore à soutenir les tours opérators qui mettent un accent fort sur l’écologie et le respect de l’environnement. Le voyageur est le premier consommateur et aussi le premier à décider où il va aller et ce qu’il veut faire. Il a donc le pouvoir !
Les 4 heures passent très vite, j’ai pu visiter 2 fois la ville et me promener autour. N’hésitez pas à monter au point de vue qui surplombe la ville, vous y découvrirez le panorama de l’ensemble de la ville.
Je retourne vers la gare d’Alice, comme moi de nombreuses personnes se rendent auprès de leur wagon. Il y a plus de monde qu’au départ d’Adélaïde. Moins de touristes et plus de personnes d’ici.
18 heures tapantes, un nouveau chef de bord nous annonce l’ouverture des portes. Il ne me reste plus que 14 heures pour me rendre à Katherine. Je rentre dans le wagon en espérant avoir personne à côté de moi et profiter de deux sièges pour m’allonger. Je m’installe jusqu’au moment où je sens une odeur d’alcool et de chaussures mouillées à côté de moi, je me retourne et là avec un grand sourire un homme me dit : Hello mate, how are you ?
Oups, bien sur je lui dit : Good. mais déjà, je commence à compter les 14 heures de voyage qui me restent. Il était grand, maigre avec une barbe qui faisait au moins 40 cm de long. Sa chemise à carreaux bleus et blancs avait viré au marron, sûrement dû au manque de nettoyage. Un paquet de cigarettes à rouler remplissait sa pochette de chemise. Ses cheveux grisonnant respiraient le lavage naturel, je sous-entends, de la dernière pluie !
Le moment où il a enlevé ses chaussures a été pour moi tellement horrible que je me suis mis à rire tout seul.
Conseil pour tous, voyagez à deux, comme ça vous êtes sûr de votre voisin.
La nuit est vite tombée en emportant avec elle mon espace de liberté qui se trouvait en dehors du wagon. Je me suis habitué à l’odeur de mon ami. Tout en discutant il me raconte sa vie. C’est un travailleur itinérant, comme beaucoup de personnes en Australie. Cette fois-ci il va à Katherine, car il avait terminé son contrat à Alice Springs. Sa vie c’est ça, il travaille et change de ville dès que nécessaire.
Vous remarquerez que nombreuses sont les personnes vivant d’itinérance. Ils ont leur mobilhome et voyagent toute leur vie sur leur continent. Ils sont un jour jardinier, l’autre jour construcyeur et deviendront jardinier le mois d’après. Ils vont où le travail les amène. Quand ils ont assez d’argent, ils s’arrêtent dans un endroit paradisiaque et profitent du temps. Entre la pêche, la détente et les rencontres, ils tracent leur vie.
La nuit est longue, j’ai dû mal à trouver le sommeil. Le train fait de nombreux arrêts pour livrer et récupérer des paquets. Vers 5 heures du matin, je me lève et je profite d’une bonne douche chaude. 10 mn de bonheur où je détends mes vertèbres.
Plus que 4 heures avant d’arriver. Je ne retourne pas m’asseoir, je vais directement dans le wagon Bar pour en attendre l’ouverture et profiter du magnifique lever de soleil.
9h04, le train s’arrête en afin à Katherine, le ciel est bleu, le coach nous annonce une température de 27°C. Je suis heureux d’être arrivé et pressé de me retrouver dans les rues de Katherine.
La gare est à 7 km du centre ville. Avec mon gros sac , plus le sac de mon appareil photo, je préfère prendre la navette. Il vous faudra débourser $13 pour le 7 km.
Le bus nous dépose à la gare routière, elle est assez grande par rapport à la taille de la ville. Située à 310 km de Darwin , Katherine reste une ville où les voyageurs passent pour aller vers le Nord ou pour rejoindre l’Ouest ou l’Est Australien. Vous ne pouvez pas louper la visite du Parc naturel de Katherine Gorge, appelée Nitmiluk par les Aborigènes de la tribu Jawoyn habitant la région. Du canoë, de la randonnée,des visites guidés, et des vols en hélicoptère , tout est là pour que vous puissiez profiter de ce magnifique endroit. Visitez ce site internet pour plus d’informations : www.katherinegorge.com
La ville sent le bush, l’odeur de la poussière mêlée aux odeurs des essences d’eucalyptus envahie mes narines et me redonne de l’énergie pour cette belle aventure. J’adore ces villes où il n’y a qu’une grande rue principale avec des petites rues parallèles. Dès que vous marchez 200 mètres en dehors de la ville, il n’y a plus rien.
Elle me fait penser à la ville de Coober Pedy qui se trouve sur l’axe principale qui traverse l’Australie du Sud au Nord, entre Adélaide et Alice Spring. C’est la ville de l’Opal, où vous ne croiserez que des cow-boys, des hommes tatoués avec leurs vieux véhicules où une mini grue est fixée à l’arrière. En dehors de la rue principale, il n’y a que des ruelles non bitumées, c’est de la terre rouge jaune qui s’envole au moindre coup de vent, tellement le sol est sec. Les habitations y sont troglodyte, c’est-à-dire creusé dans le sol… et souvent en construisant leurs maisons, des hommes devenais millionnaire en y trouvant de l’Opal… à visiter absolument. Un lien : http://www.opalcapitaloftheworld.com.au/
Le bitume de la rue principale de Katherine n’est plus noir, il est devenu au file des années d’une couleur rouge-ocre laissé par les véhicules 4 wd qui ont traversé les pistes des alentours.
J’ai rendez-vous à 13 H avec François Giner devant la station BP. J’ai donc 5 heures devant moi. Je vais déposer mon gros sac à la station de bus, je pourrai me promener plus aisément. Tout est là pour nous satisfaire, les cafés, les bars, les restaurants, les hotels, galeries, shop diverses et variés. Je vais donc me poser dans un café et lire un peu le journal du coin. Mais en passant devant un bar, j’ai été intrigué par le brouhaha assourdissant accompagné de cris et d’une musique techno.
la suite bientôt.... n'hésitez pas à commenter le récit
Namibie
Carte Australie :

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